Catégorie : Nos Tribunes Page 1 of 4

Ensauvagement, les contorsions impossibles de ceux qui nient la montée de la violence

Publié dans Causeur le 14 septembre 2020

Philippe Monguillot, chauffeur de bus assassiné pour avoir demandé à quelques usagers de composter leur titre de transport et de porter leur masque de protection ; Axelle Dorier, trainée sur plus de 800 mètres à Lyon pour avoir protesté après que les passagers d’une voiture aient percuté un chien ; Mélanie Lemée, gendarmé fauchée par un conducteur lors d’un contrôle routier. Trois histoires qui ont défrayé la chronique.

Et que dire des autres faits divers qui depuis s’enchainent et ont trouvé un écho relatif dans quelques médias qui considèrent que le coronavirus n’est pas l’alpha et l’oméga de l’information. Thomas, poignardé par un détenu à peine sorti de prison en Seine-Saint-Denis ; Augustin, jeune homme tabassé à Lyon pour avoir défendu deux jeunes filles ; Nicolas, père de famille à Brest roué de coups pour avoir demandé le silence à quelques jeunes alors que la nuit tombait ; Luane et Claire, frappées à Strasbourg pour avoir refusé de donner leur numéro. Et ces maires de Gironde ou de la Manche agressés dans l’exercice de leur fonction, ces conducteurs de bus ou de tram violentés à Dijon ou à Dugny, ces policiers pris à partie quotidiennement. Et récemment, ce couple et leurs deux enfants brutalisés par un automobiliste mal garé dans les rues de Saint-Denis. 

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La France, otage de ses minorités

Publié dans Causeur le 07 août 2020

Moins de cinquante personnes. Il aura suffi de moins de cinquante énergumènes excitées pour obtenir la tête de l’adjoint au Maire de Paris à la culture ce jeudi 23 juillet, coupable d’avoir fréquenté, plus ou moins assidument, Gabriel Matzneff. Avant lui, c’était au tour de Gérald Darmanin et Éric Dupont-Moretti d’être dans l’œil du cyclone féministe.

Quelques semaines encore auparavant, c’était au tour de la France entière d’être accusée par une famille de délinquants notoires, réclamant vengeance pour Adama, dont on apprenait il y a peu qu’il avait bel et bien abusé sexuellement son codétenu lors d’un de ses nombreux passages en prison. Point de démission réclamée ici, uniquement l’expiation pour un passé d’esclavagisme, de colonialisme et de domination. La sentence ? Sa dilution, par le déboulonnage de statues, l’épuration des livres d’histoire, le passage de toutes les œuvres et de leurs auteurs au « scanner antiraciste ».

Le « monde d’après », tant fantasmé pendant les longues semaines de confinement, ressemble étrangement au monde d’avant. Intolérant, médiocre, conflictuel.

Une conflictualité qui dépasse dorénavant largement les marges de la société et les milieux radicaux qui y sont traditionnellement associés et qui pénètre subrepticement tous les milieux de la culture et de la transmission.

Au premier rang desquels l’Université, régulièrement agitée par les revendications de groupes constitués et bénéficiant de la lâcheté de certains responsables. Citons pêle-mêle la pièce d’Eschyle, déprogrammée de la Sorbonne dans un premier temps, les conférences annulées ou perturbées, de François Hollande à l’université de Lille à Sylviane Agacinski à Bordeaux Montaigne en passant par Carole Talon-Hugon, invitée de la Villa Arson. Et ceci sans même évoquer celles ajournées par les directions des universités ou écoles elles-mêmes, dont ont fait les frais Thierry Lentz à Audencia ou Geoffroy Lejeune à l’IEP de Lille.  

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«La montée des violences en France est l’indice d’une fracturation sociale grandissante»

Publié dans le Figaro le 24 juillet 2020

Ce mardi 21 juillet, alors qu’il était interrogé par Gilles Bouleau sur l’accord européen permettant un plan de relance concerté entre les États membres, le président de la République n’a pas échappé à une question sur les actes de violence volontaire qui se succèdent depuis plusieurs jours et conduisent invariablement au décès de la victime. Mélanie, renversée sciemment par un chauffard lors d’un contrôle routier ; Philippe, battu à mort pour avoir demandé à des usagers des transports de porter un masque et de présenter leur ticket ; Thomas, poignardé par un détenu tout juste sorti de prison ; Axelle, trainée sur huit-cent mètres. Et ce, sans même évoquer les nombreux autres cas d’agressions qui se succèdent à Bordeaux, Grenoble, Lille, etc. Si le Président a promis une tolérance zéro, il a également appelé à ce que ces situations et ces «incivilités» ne deviennent pas une habitude.

La violence à laquelle nous assistons est devenue un simple mode d’expression individuelle.

Or, cela fait nombre d’années que les Français se sont habitués à l’omniprésence de la violence au sein même du tissu social. Certes, elle a toujours existé, surtout en France, pays éruptif par excellence et dont la tradition nationale fait de la confrontation le mode de résolution des conflits économiques et sociaux. Les tensions inhérentes aux revendications catégorielles ou aux manifestations, celles des Gilets jaunes dernièrement, symptomatiques de la difficile conversion du modèle social français à la mondialisation libérale, ne sont pas sans rappeler celles de la seconde moitié du XIXème siècle, marquée par le passage d’une société traditionnelle et agraire à une société industrielle caractérisée par la paupérisation des masses. Mais la violence à laquelle nous assistons aujourd’hui est différente. Celle-ci est sortie du monde du travail opposant des catégories de population pour devenir un simple mode d’expression individuelle.

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Du confinement à la claustration raciale

Publié dans Causeur le 12 juin 2020

Alors qu’elle est à peine sortie de la crise sanitaire, les émeutes raciales américaines sont en passe de gagner une France dominée par l’ordre diversitaire. Quelques rares voix politiques comme François-Xavier Bellamy, Bruno Retailleau et Marion Maréchal, continuent de porter haut le message républicain, et refusent de mettre un genou à terre.

D’ici quelques semaines, la France sera définitivement sortie du confinement. L’ouverture des restaurants sonnera comme la fin de la parenthèse enchantée que furent ces deux mois où la vie parut comme suspendue.

Au milieu du décombre macabre qui chaque soir venait rythmer nos existences, nous avons pu passer du temps avec nos proches, lire ou relire ces vieux classiques qui reposaient sous la poussière de nos bibliothèques, nous livrer à toutes sortes d’occupations dont nous avons été trop longtemps privés par les exigences de la vie professionnelle, familiale et sociale, nous émerveiller de l’impact positif de cette vie humaine suspendue sur l’environnement et la biodiversité.

Nous nous sommes pris collectivement à imaginer un avenir meilleur, fait d’une cohabitation harmonieuse entre l’homme et la nature et, surtout, d’une meilleure compréhension entre ces hommes, mue par la réinvention de solidarités traditionnelles et la prise de conscience de l’importance des communautés naturelles, la famille et la nation en tête.

Las, le déconfinement n’est pas encore terminé que nous constatons que le « monde d’après » que nous avons fantasmé ressemble étrangement au « monde d’avant ». En pire.

La mort tragique de George Floyd a fait le tour du monde et a provoqué, en Occident, un émoi bien légitime. Mais alors qu’elle n’aurait dû être que l’opportunité pour les Américains d’interroger leur histoire et leur identité collective, cette affaire a été l’occasion d’importer des débats, des questions et des analyses dans de nombreux pays dont la tradition, l’organisation sociale et l’histoire sont antithétiques de celles des Etats-Unis. Et au premier rang desquels la France.

La contrition grotesque de l’Occident

Signe de la puissance culturelle des Etats-Unis, ou de notre état d’assujettissement mental, nous avons constaté ces derniers jours à quel point l’idéologie décoloniale était installée, ou en passe de l’être, dans notre pays. En l’espace de quelques jours, nous avons vu des militants « associatifs » et « antiracistes » embrayer sur ce drame pour diffuser ici leur idéologie délétère, dans les rues ou sur les plateaux de télévision, à l’image de figures comme Rokhaya Diallo ou de structures comme le Comité Adama ou la LDNA, immédiatement suivis par quelques artistes de seconde zone qui s’associent à toutes les luttes, sans nécessairement les comprendre mais pourvu qu’elles soignent leur conscience de gauche, des sportifs s’étonnant du silence de leurs pairs, des universitaires disqualifiés depuis bien longtemps par un parti pris idéologique et des politiques se livrant à quelques génuflexions pathétiques et marques de contrition expiatoires, par conviction, intérêt électoral bien compris ou par lâcheté coutumière. Nous en avons vu d’autres, à l’inverse, tomber dans le piège grossier qui leur était tendu, à l’image de Julien Odoul et quelques autres excités.

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«La rhétorique victimaire de Camélia Jordana fait le jeu de la haine anti-flics»

Publié dans le Figaro le 25 mai 2020

Il y a quelques semaines, alors que le confinement était sur le point de prendre fin en France, quelque deux cents artistes et scientifiques signaient un appel refusant le «retour à la normale», synonyme selon eux de surconsommation et de destruction des écosystèmes fragiles. Parmi eux, quelques acteurs ayant engrangé de jolis cachets pour figurer dans des publicités pour des véhicules polluants ou des croisières dont on connaît l’impact sur la biodiversité marine, certains chanteurs ne prenant pas la peine de compenser écologiquement leurs nombreuses tournées internationales et d’autres artistes comme Juliette Binoche passant leur temps à signer appels et tribunes à défaut d’étudier des projets artistiques qui se raréfient.

Samedi soir, l’émission de Laurent Ruquier nous a offert une nouvelle occasion de constater à quel point la densité intellectuelle de quelques-uns des artistes était inversement proportionnelle à leur volonté d’investir le débat public.

Dans une émission dont on avait oublié qu’elle existait encore, parmi un panel d’intervenants respirant la diversité des opinions, une chanteuse, Camélia Jordana, nous a livré une de ces saillies dont on a toujours du mal à se relever tant elle atteint des hauteurs d’indécence. Dans une logorrhée que ne venait mollement interrompre qu’un contradicteur maîtrisant aussi peu le sujet en question qu’elle-même, la chanteuse révélée en 2009 par un télécrochet affirmait «ne pas se sentir en sécurité face à un flic» et dénonçait les «massacres» (sic) dont sont victimes «les hommes et les femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue» pour «nulle autre raison que leur couleur de peau» (sic). Une profession entière salie en toute tranquillité à une heure de grande écoute, des mensonges ignominieux proférés avec candeur, un rapport au réel inquiétant et une participation enthousiaste aux fractures identitaires qui secouent notre communauté politique.Cette polémique est symbolique de la haine anti-flics qui convulse la société

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La précarité et l’injustice, faux prétextes de la sécession des banlieues

Publié dans Causeur le 29 avril 2020

Depuis une semaine, la France assiste à des scènes d’émeutes dans certaines banlieues françaises. Villeneuve-la-Garenne, Mantes-la-Jolie, Créteil, Trappes, Gennevilliers, Aulnay-sous-Bois, Fontenay-sous-Bois, La Courneuve, Évry, etc. La longue et habituelle litanie des villes où l’autorité de l’État s’érode un peu plus chaque jour. 

Les médias n’en parlent pas

À l’instar des grands médias qui peinent à sortir de leur léthargie et rechignent à traiter l’information entre deux reportages sur les astuces capillaires en cette période de confinement, le gouvernement continue d’afficher une pudeur de gazelle sur le sujet. Par la bouche du ministre de l’Intérieur et de la porte-parole du gouvernement, ces incidents ne seraient en effet pas d’un « niveau de gravité exceptionnel » et ne suffiraient pas à susciter des « inquiétudes ». Tout au plus seraient-ils le fruit d’un confinement trop dur qui pousserait des jeunes gens à trouver toute sorte d’occupations. Ce serait aussi un cri de révolte contre la précarité qu’ils vivent au quotidien. Ennui et précarité qui, bien évidemment, justifient que l’on tende des guets-apens aux forces de l’ordre et que l’on attaque au mortier des bâtiments publics.

Si ces propos n’étaient du fait que du seul Christophe Castaner, cela n’aurait pas la moindre importance, tant l’indigence intellectuelle et la déconnexion du réel de ce personnage battent chaque jour le record de la veille. Il n’est rien à attendre d’un individu qui, le 17 mai 2018, sur le plateau de L’Émission politique, et alors qu’il était interpellé par Patrick Pelloux sur la difficulté de son gouvernement à nommer le terrorisme islamiste par son nom, avait répondu qu’il ne fallait ni stigmatiser ni mélanger les choses, avant de faire référence à un mystérieux projet d’attentat organisé par une cellule d’extrême-droite et dont il aurait été la cible. 

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La société civile malgré l’Etat

Publié dans L’Incorrect le 08 avril 2020

Le 15 mars, quand le gouvernement décidait de maintenir le premier tour des municipales, Bernard Arnault décidait de mobiliser certaines de ses unités de production pour fabriquer et offrir du gel hydro-alcoolique aux hôpitaux de l’AP-HP. Au milieu des réactions, celle de Manon Aubry, députée européenne insoumise, qui préférait souligner les manquements supposés de LVMH quant au paiement de l’impôt et dont pâtirait le système hospitalier français.

Qui aurait pu croire que, si tôt, cet échange offrirait une image précise de l’état de notre pays trois semaines plus tard, entre une société civile et un monde économique déployant des trésors de solidarité, d’engagement et d’imagination et un Etat apathique ?

Les grands groupes d’abord. A la suite de LVMH, L’Oréal, Tereos et Pernod-Ricard ont réorganisé une partie de leur production pour assurer l’approvisionnement en gel désinfectant. Air Liquide a attelé une partie de son activité à la constitution de respirateurs artificiels. Décathlon a fait don de dizaines de milliers de masques de plongée adaptés à une utilisation médicale à des hôpitaux européens.

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La sacralisation de l’Autre, cheval de Troie de l’islamisme

Publié dans L’Incorrect le 28 janvier 2020

C’est une histoire bien connue. La question de l’islam et de ses dérives est-elle à peine abordée que les réseaux sociaux s’agitent et qu’ils déversent un torrent d’insultes et de menaces. Bien aidés, certes, par l’anonymat qui vole toujours au secours du courage.

La liste de ceux qui ont eu le droit à ce type de litanie poétique est interminable, qu’ils soient des personnalités publiques, de Zineb el Rhazoui à Laurent Bouvet, ou des anonymes, comme Mila, cette jeune lycéenne qui a eu la naïveté de croire que l’on pouvait, au pays de Voltaire, dire du mal d’une religion. Mais Mila n’est ni la première ni la dernière à devoir affronter la meute qui considère que l’intimidation est la meilleure réponse à apporter à une critique. Qui se souvient du jeune Hugo, menacé de mort après une boutade sur la Mecque, qui avait supplié ces agresseurs numériques de « le laisser en vie » ?

Et en cela, le cas de Mila n’est donc pas original. Il n’est que l’énième signal (faible?) des fractures identitaires qui minent la France et dont témoignent nombre d’études sociologiques, d’essais journalistiques, de notes adressées aux décideurs politiques, etc.

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CETTE SUPERCHERIE INTELLECTUELLE QU’EST L’IDÉOLOGIE DÉCOLONIALE

Publié dans L’Incorrect le 18 novembre 2019

Presque cent un ans jour pour jour après l’armistice qui signa la fin de la Grande Guerre qui causa la disparition de près d’un million et demi de soldats et civils français, qui abima la vie de centaines de milliers d’autres et qui transforma une partie de la terre de France en paysages apocalyptiques, le pays pour lequel tant de braves sacrifièrent leur vie fut le théâtre d’une manifestation où islamistes et décoloniaux ont battu le pavé pour dénoncer l’islamophobie qui sévirait en France.

Une manifestation victimaire qui a eu l’indécence de se tenir quelques semaines après l’attentat de la Préfecture de Police et quelques jours avant le macabre anniversaire de celui du Bataclan, ponctuée d’insupportables références à la déportation, de discours suintant l’aspect confessionnel et de harangues où les noms de fervents républicains furent jetés en pâture à une foule haineuse.

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DÉBAT SUR L’IMMIGRATION ET PARADIGME DE L’IMMIGRÉ

Publié dans L’Incorrect le 10 octobre 2019

Le débat sur l’immigration s’est ouvert à l’Assemblée nationale. Son objectif, donner davantage de corps à l’exhortation d’Emmanuel Macron à ses parlementaires à ne pas se comporter en bourgeois, d’autant plus ouverts à l’Autre qu’ils ne le fréquenteraient ni dans leurs immeubles, ni dans leurs bureaux ni dans les écoles de leurs enfants. Propos cocasse s’il en est, tant le profil sociologique des députés En Marche est homogène (plus de 65% d’entre eux étant auparavant cadres ou professions intellectuelles).

Drôle d’époque que la nôtre, où nous pouvons passer des hurlements unanimes de la meute réclamant au choix la limitation d’antenne et de tribune, le licenciement ou l’enfermement pour un polémiste, au silence assourdissant de cette dernière lorsque vient le temps de constater à quel point l’islamisme a pu pénétrer jusqu’aux cercles les plus sensibles de nos services de sécurité. Drôle d’époque où seule la mort de quatre personnes peut nous rappeler, pour un certain temps du moins et pour certains d’entre nous, que le véritable ennemi n’est pas tant celui qui, en dépit de ses outrances et de ses erreurs d’analyse, alerte sur les périls à laisser l’Islam politique se développer que les agents de cet Islam rigoriste qui a une nouvelle fois endeuillé la France.

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