Auteur : La Nouvelle Garde (Page 2 sur 3)

Lettre ouverte à Yann Moix

Monsieur Moix,

Il y a un peu plus de deux semaines, devant le porte-parole du gouvernement, vous aviez proféré des accusations très graves à l’encontre des forces de l’ordre basées à Calais, affirmant avoir vu de vos yeux des policiers « tabasser des migrants » et « gazer leurs effets personnels ». Confortablement installé dans votre sedia gestatoria, du haut duquel vous dispensez mort médiatique et jugement moral, vous aviez alors jeté l’opprobre sur des hommes et des femmes qui peinent à gagner autant en un mois de dur labeur que vous en une émission. A la différence près que leur travail n’est, lui, pas salué par les applaudissements d’un public docile et obéissant aux injonctions du chauffeur de salle. On aurait pu croire que les réponses qui vous ont apportées le lendemain par la Préfecture de Pas-de-Calais auraient calmé votre courroux. C’était bien mal vous connaitre…

Depuis deux semaines, vous ne vous économisez pas pour dénoncer une nouvelle honte de la République et pour éviter que la France ne devienne une nouvelle fois ce qu’elle a été auparavant, à savoir une « machine à humilier les Juifs pendant la guerre, à humilier les Arabes dans les années 1960 ». Rien que ça !

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La mort bouffonne programmée du féminisme

Il y a trois mois, alors que l’affaire Weinstein éclatait au grand jour et laissait entrapercevoir le bal des hypocrites qu’était en réalité la grande famille du cinéma américain, derrière son progressisme de façade et son amour proclamé de la diversité, nous nous étions félicités de la libération de la parole que cette affaire avait engendrée, tout en récusant la forme qu’elle avait prise, notamment sur les réseaux sociaux.

Il y a deux mois, nous avions moqué les métastases de ce féminisme revendicatif et offensif qui trouvait plus utile de faire de l’écriture inclusive son principal combat plutôt que de se concentrer sur les violences conjugales, les inégalités salariales ou encore la faible représentation des femmes dans les exécutifs des grandes entreprises.

Aujourd’hui, on ne peut que s’inquiéter de la tentative de ce féminisme de jouer la version moderne de la guerre des sexes, ainsi que sa tentation totalitaire.

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Les fake news ne sont pas là où on le croit

Lors de ses vœux à la presse, le Président de la République a fait part de son souhait de faire voter une loi contre les fake news sur internet, l’esprit encore tourné vers les prétendues ingérences russes qui auraient facilité l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis ou qui auraient pu menacer la sienne en France.

A priori, l’effort est louable : assurer une plus grande transparence dans la diffusion de l’information et dans la vérification des sources. Quel dommage néanmoins de ne pas l’appliquer aux médias qui auraient un grand besoin qu’on leur réapprenne leur métier. Quel dommage néanmoins de ne pas faire un sort à ce qu’Huber Beuve-Méry, fondateur du quotidien de « référence » Le Monde, appelait « la subjectivité honnête » des journalistes.

Car l’urgence première n’est pas forcément à la lutte contre la diffusion de fausses informations sur internet ; média, selon le sondage portant sur la confiance des Français dans les médias réalisé par Kantar, dans lequel à peine 25% des Français ont confiance, le reste sachant pertinemment être exposé, notamment sur les réseaux sociaux, à des rumeurs, des contrevérités, des opinions habillement, ou même grossièrement, maquillées en faits avérés.

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Enfin la fin d’une année électorale !

Enfin !

Nous avons assisté hier à la dernière soirée électorale de cette année 2017. Une élection, sans passion ni enthousiasme, qui aura eu au moins le bon gout de ne prendre qu’un seul tour. Une élection qui aura vu Laurent Wauquiez prendre la tête des Républicains, du haut de ses plus de 74%.

Après le scrutin interne de 2014, la primaire de 2016, cette élection signe pour la troisième fois consécutive la victoire de la droite « dure », « conservatrice », « vraiment de droite », selon la terminologie qui plaira au lecteur. Toujours est-il qu’elle signe la troisième défaite consécutive de cette droite « modérée », « humaniste », « progressiste » et européenne, dont le poids médiatique est apparemment inversement proportionnel à ce qu’elle représente au sein du peuple de droite.

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Entretien avec Jean-Baptiste Noé – Historien et essayiste français

C’est à deux pas du Sénat que nous rencontrons Jean-Baptiste Noé. Historien, écrivain et contributeur régulier à l’Opinion, Jean Baptiste Noé est également rédacteur dans la revue Conflits et intervient régulièrement dans la revue en ligne Contrepoints. C’est avec ce jeune talent intellectuel de la droite que nous avons évoqué, entre autres, les conditions d’existence d’un modèle économique libéral en France, ainsi que son sujet de prédilection, l’École.

La Nouvelle Garde : Contrairement à ce que l’on croit trop souvent, c’est en France, et non en Angleterre ou aux États-Unis, que sont apparues les prémices de la pensée libérale et l’essor de l’économie politique, avec notamment Boisguilbert et l’école physiocratique ensuite. Comment expliquer alors que la France, exception faite de la Monarchie de Juillet, n’ait jamais été libérale ? Aujourd’hui encore, ceux qui, au centre ou à droite, prétendent incarner une ligne « libérale » face à la ligne dite « identitaire », n’ont en réalité rien de libéral… Tous socialistes, droite comprise ?

Jean-Baptiste Noé : C’est une question assez complexe. Commençons tout d’abord par définir ce qu’est le libéralisme. À l’origine, le libéralisme est une réflexion sur le droit et la loi. C’est considérer que la personne est au centre de la société, que la loi sert à la protéger et que l’État est le garant du respect de cette personne et de ses droits. A contrario, le socialisme considère que l’État est au centre de la société et que la personne est là pour « alimenter » l’État. En partant du droit, cette pensée a ensuite des incidences économiques. Prenez par exemple Vauban qui a écrit un traité sur l’impôt, ou encore Boisguilbert : ces personnes s’opposent à l’absolutisme dans le sens où ils considèrent que le Roi et l’Etat n’ont pas tous les pouvoirs et que la personne est première.

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Entretien avec Eugénie Bastié – journaliste au Figaro et rédactrice en chef de la revue Limite

C’est au cœur du Marais que nous rencontrons Eugénie Bastié, bientôt 26 ans et déjà journaliste au Figaro et rédactrice en chef de la revue Limite. Pendant près d’une heure, nous échangeons avec ce visage du renouveau de la pensée de droite, à propos du système médiatique, de l’existence doctrinale d’un courant libéral-conservateur, ainsi que de l’une de ses grandes causes : le féminisme.

La Nouvelle Garde : Les quelques entretiens que nous avons menés jusqu’à présent concernant la possibilité pour un discours libéral-conservateur d’émerger dans le débat public amènent invariablement à se poser la question des critères de bienséance qui structurent ce même débat public. Le Figaro et les grands hebdomadaires de droite ont longtemps été les seuls relais pour des hommes de droite, et force est de constater qu’il est toujours aussi difficile d’exprimer dans les médias autre chose qu’un discours progressiste et diversitaire. Ces difficultés ne sont-elles pas le signe de l’échec des grands médias de droite à bousculer les codes d’entrée dans le débat public ?

Eugénie Bastié : C’est la grande question de la défaite intellectuelle, médiatique et sémantique de la droite, à savoir : quand et comment la droite a-t-elle abandonné l’hégémonie culturelle à la gauche, se repliant sur la sphère économique. Cette défaite est particulièrement prégnante dans les médias. C’est une cause entendue, prouvée par maintes études : les journalistes sont plus à gauche que la moyenne des Français. Pourquoi ? Je crois qu’il y a dans ce basculement une responsabilité de la bourgeoisie, catholique et conservatrice notamment, qui n’a jamais encouragé ses enfants à aller vers les métiers de la transmission et à épouser une carrière médiatique. La bourgeoisie de droite a préféré envoyer ses enfants dans les écoles de commerce ou dans les facultés de droit, car elle considérait que la carrière journalistique ne pouvait convenir quant au statut social et à la rémunération. Les gens de droite ont donc déserté en quelque sorte les métiers de la transmission, le journalisme et l’enseignement en tête. Nous assistons cependant à une rupture, notamment depuis la Manif pour tous, qui a fait basculer toute une génération conservatrice dans le débat politique, qu’elle avait auparavant tendance à fuir.

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L’écriture inclusive, ou le dernier délire libertaire à la mode

Alors que la droite nous avait toujours habitués à ne disserter en période électorale que sur la libéralisation du marché du travail, sans jamais l’entreprendre réellement une fois aux responsabilités, et sur la sécurité, dont l’effort en la matière n’a finalement consisté qu’en une lente mais continue baisse des effectifs et des moyens, les candidats à la primaire de la droite et du centre ont surpris en mettant au premier plan de leurs priorités l’éducation et l’enseignement dans leurs programmes et dans les débats qui les ont vus s’opposer.

Défaite dans les urnes, la droite n’aurait cependant pu rêver meilleur ministre de l’Education Nationale. Jean Michel Blanquer, dont les premiers gestes et premières décisions ont enchanté les électeurs de droite, et au-delà, tous les Français qui tiennent à une Education Nationale de qualité : enterrement de la réforme du collège engagée par Najat Vallaud-Belkacem ; investissement massif dans le primaire, où se joue la construction intellectuelle et sociale de l’enfant, avec un retour aux fondamentaux, notamment la lecture, l’écriture et les mathématiques ; coup d’arrêt aux délires des pédagogistes avec l’éviction de Michel Lussault, etc. Et que dire des chantiers à venir que le Ministre veut prendre à bras le corps : enseignement chronologique de l’histoire et des courants littéraires, dédoublement des classes de CP en secteur défavorisé, mise en place du dispositif « devoirs faits », qui permettra aux collégiens de faire leurs devoirs dans le cadre de l’établissement et avec l’aide de leurs enseignants, etc.

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Le procès raté de l’idéologie islamiste

En mars 2012, Mohamed Merah assassinait sept personnes. Parmi lesquels trois dont le jeune âge et deux dont l’appartenance religieuse n’ont pas une seule fois trouvé grâce à ses yeux.

On découvrait alors pour la première fois depuis longtemps sur le sol français la haine, la vraie, fanatique et aveugle, mettant ceux qu’elle anime au ban de l’humanité. On redécouvrait le visage de l’islamisme, ce cancer gangrenant le corps social qui avait, déjà, atteint quelques-uns de ses membres. On découvrait dans nos villes  les prêcheurs de la guerre sainte ; les jeunes, pourtant Français, en rupture avec cette société qui avait accueilli leurs parents ou grands-parents et qui leur assurait une éducation et des soins gratuits.

Cinq années plus tard, Abdelkader Merah et Fettah Malki devaient répondre des crimes d’un frère et d’un ami. Non pour trouver des coupables de substitution, comme l’a sournoisement laissé entendre l’un des avocats de la défense, mais pour faire le procès de l’Islam politique et radical. Car si un Mohamed Merah est celui qui a appuyé sur la gâchette, il en est d’autres, beaucoup plus nombreux, qui ont nourri sa haine par leur enseignement idéologique et religieux et d’autres qui l’ont armé.

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Entretien avec Mathieu Bock-Côté – Essayiste et chroniqueur québécois

De passage à Paris pour deux semaines, Mathieu Bock-Côté a accepté de nous accorder un entretien. Installés à une table d’un troquet du 14e arrondissement, nous avons évoqué pendant plus de quarante-cinq minutes avec cet intellectuel francophone amoureux de la France la refondation de la droite, l’état du débat public français, l’Europe, sans oublier évidemment le Québec.

LNG : En 1927, Julien Benda écrivait La Trahison des clercs. Benda fustigeait alors la prégnance idéologique des intellectuels appartenant au courant philosophique romantique opposé à la modernité rationaliste et universaliste développée par les philosophes des Lumières. Ne pourrait-on pas, aujourd’hui, écrire La Nouvelle trahison des clercs ? Trahison des élites intellectuelles, médiatiques et politiques, soumises cette fois-ci à une représentation du monde post-nationale et diversitaire, multiculturaliste et immigrationniste, envers les aspirations des peuples à l’enracinement, à l’ordre, à un retour des nations.

Mathieu Bock-Côté : Tout dépend de ce que l’on entend par « clercs », tout dépend aussi de ce que l’on entend par « trahison ». Une chose est certaine néanmoins : l’intelligentsia, au XXe siècle, ne s’est pas montrée d’une lucidité exceptionnelle devant une histoire aussi tragique que meurtrière. Les intellectuels se sont souvent laissés tenter par des idéologies liberticides, et dans la deuxième moitié du siècle, ils troquèrent la recherche de la vérité pour une adhésion entière ou critique au communisme. Ils se sont montrés capables de justifier les pires abjections pour peu qu’on les justifie au nom d’un avenir radieux. En d’autres mots, la classe intellectuelle ne s’est pas montrée particulièrement attachée à la démocratie libérale. On relira avec bonheur, de ce point de vue, un ouvrage qui ne s’est pas démodé : L’Opium des intellectuels, de Raymond Aron.

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La culture de la délation contre la culture du silence ?

Depuis plusieurs jours, Harvey Weinstein, magnat du film hollywoodien, est accusé de viol et de harcèlement sexuel par plusieurs dizaines d’actrices. Comme toujours dès lors que cela provient des Etats-Unis, cette libération de la parole a traversé les frontières et a encouragé d’autres femmes à parler, ne plus se cacher. D’abord dans le milieu du cinéma, puis dans tous les autres.

On ne peut que s’en féliciter. Que des femmes puissent mettre des mots sur l’indicible, sur la honte qu’elles éprouvent à subir les conséquences de mots injurieux, gestes déplacés ou d’avances menaçantes, alors que les hommes qui en sont à l’origine promènent leur nonchalance quand ils n’en tirent pas simplement un titre de gloire.

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