Auteur : La Nouvelle Garde Page 1 of 5

DÉBAT SUR L’IMMIGRATION ET PARADIGME DE L’IMMIGRÉ

Publié dans L’Incorrect le 10 octobre 2019

Le débat sur l’immigration s’est ouvert à l’Assemblée nationale. Son objectif, donner davantage de corps à l’exhortation d’Emmanuel Macron à ses parlementaires à ne pas se comporter en bourgeois, d’autant plus ouverts à l’Autre qu’ils ne le fréquenteraient ni dans leurs immeubles, ni dans leurs bureaux ni dans les écoles de leurs enfants. Propos cocasse s’il en est, tant le profil sociologique des députés En Marche est homogène (plus de 65% d’entre eux étant auparavant cadres ou professions intellectuelles).

Drôle d’époque que la nôtre, où nous pouvons passer des hurlements unanimes de la meute réclamant au choix la limitation d’antenne et de tribune, le licenciement ou l’enfermement pour un polémiste, au silence assourdissant de cette dernière lorsque vient le temps de constater à quel point l’islamisme a pu pénétrer jusqu’aux cercles les plus sensibles de nos services de sécurité. Drôle d’époque où seule la mort de quatre personnes peut nous rappeler, pour un certain temps du moins et pour certains d’entre nous, que le véritable ennemi n’est pas tant celui qui, en dépit de ses outrances et de ses erreurs d’analyse, alerte sur les périls à laisser l’Islam politique se développer que les agents de cet Islam rigoriste qui a une nouvelle fois endeuillé la France.

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L’écologie est un sujet trop important pour être laissé aux mains d’une adolescente

Publié dans le Figaro Vox le 22 juillet 2019

Après les chefs d’État et de gouvernement, c’est au tour des représentants de la nation française de se faire sermonner.

Sous l’impulsion de la centaine de députés appartenant au collectif «Accélérons», la jeune égérie de tout ce que l’écologisme compte de décroissantistes, de collapsologues – plus ou moins enthousiastes – d’antihumanistes et de mystiques, sera ce mardi l’invitée de l’Assemblée nationale.

S’il n’est pas prévu qu’elle prenne la parole dans l’hémicycle, un «débat» sera néanmoins organisé dans la salle Victor Hugo avec 350 personnes. Un débat ou plutôt un discours. Car la jeune icône de la cause environnementale – ou plutôt ceux qui en ont fait une icône – n’ont pas l’habitude de laisser quiconque s’apercevoir de l’inculture vertigineuse de leur protégée sur un sujet dont elle prétend pourtant avoir fait la cause de sa vie.

Et les termes de ce discours sont d’ores et déjà connus. Tout d’abord le constat: l’Occident est l’unique responsable de la dégradation de la biodiversité et du réchauffement climatique. L’objectif ensuite: diviser par quatre notre consommation énergétique d’ici à 2050, aller à marche forcée vers 100 % d’énergies renouvelables produites de manière décentralisée et abandonner le nucléaire d’ici 2030. La solution enfin: la décroissance, en termes économique comme démographique.

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Taha intérêt à fermer ta gueule

Publié dans L’Incorrect le 09 juillet 2019

Les réseaux sociaux, en particulier Twitter, deviennent chaque jour davantage un égout à ciel ouvert. Y prospèrent toute sorte de nuisibles qui y justifient leur présence par l’impérieuse nécessité à se révolter contre les maux du monde et les injustices faites aux plus faibles. « Balance ton porc », « balance ton maire », balance tout ce que tu veux pourvu que ce soit sur un ton indigné.

Chacun connait la sentence lapidaire du regretté Umberto Eco : « les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite alors qu’aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles. ». Mais peu se rappellent la parole simple mais pleine de bon sens du non moins regretté Jacques Brel à propos de cette bêtise humaine : « Il n’y a pas de gens méchants, il n’y a que des gens bêtes. La bêtise c’est de la paresse. La bêtise, c’est un type qui vit et qui se dit : ça me suffit. Je vis, je vais bien, ça me suffit. Et il ne se botte pas le c** tous les matins en disant : ce n’est pas assez, tu ne sais pas assez de choses, tu ne vois pas assez de choses, tu ne fais pas assez de choses. C’est de la paresse je crois la bêtise. Une espèce de graisse autour du cœur qui arrive, une graisse autour du cerveau ».

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Al Grenobla, ville aînée de l’Islam

Publié dans L’Incorrect le 28 juin 2019

Quelques semaines après une première opération coup de poing dans une piscine municipale, les promoteurs du burkini ont récemment réinvesti la ville avec toujours la même revendication et la même référence au discours sur les droits et les libertés individuelles.

Cette appropriation des poncifs de la philosophie libérale par ces militants, et ce quel que soit le secteur de la société civile gangréné par les métastases de ce cancer qu’est l’Islam politique et littéraliste, n’est pas nouvelle. La stratégie frériste d’entrisme est bien connue et a été résumée en 2002 par Youssouf al Qaradawi, chef spirituel des Frères musulmans : «Avec vos lois démocratiques nous vous coloniserons. Avec nos lois coraniques nous vous dominerons ».

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Interview avec Paul-François Schira – Essayiste

C’est à une table du 1er arrondissement que nous avons rencontré Paul-François Schira. Ce jeune haut fonctionnaire, qui n’a pas encore trente ans, a récemment publié La demeure des hommes, une ode à l’enracinement préfacée par François-Xavier Bellamy, autre esprit brillant qui a choisi, quant à lui, de se jeter dans l’arène politique. C’est donc tout naturellement que notre conversation a tourné autour de cette thématique au centre de la philosophie conservatrice. 

La Nouvelle Garde : Notre première question concernera la place des intellectuels dans le débat politique français. Si les victoires politiques suivent invariablement celles culturelles, nous avons pu penser que la France nécessitait aujourd’hui l’implication des intellectuels conservateurs dans le combat électoral, tant notre pays souffre de plus de quarante ans de Consensus progressiste et tant la droite reste toujours aussi rétive à sortir de la minorité dans laquelle elle évolue depuis ces mêmes quarante années. Mais cette opinion a pu être mise à mal par le sort réservé à François-Xavier Bellamy et le contraste entre sa personne et le reste du personnel politique, de droite comme de gauche. Comment pensez-vous le rôle de l’intellectuel dans le débat à la fois métapolitique et électoral ?

Paul-François Schira : Le débat public en France me semble souffrir de deux excès : un excès d’idéologie, et un excès de technicisme. D’un côté, l’excès d’idéologie se manifeste par le brassage de mots-valises, de concepts fumeux et de pensée unique. Il se voit aussi par la grande violence verbale des adversaires qui s’affrontent, avec condamnations au bûcher et inquisitions médiatiques en prime. De l’autre côté, l’excès de technicisme tend à ramener tout débat d’idée à la gestion administrative du quotidien, sans projet politique de long terme. D’où l’impression de ne faire que courir d’une réforme à l’autre : il y a en France une sorte d’épuisement dans la surenchère des solutions qui sont promises, par le gouvernement ou par l’opposition. On passe ainsi de l’invective assassine ad hominem à l’avalanche de chiffres auxquels on fait dire n’importe quoi.

Entre ces deux excès idéologiques et technocratiques, c’est le maillon proprement politique qui manque. Celui qui est capable d’exprimer clairement une vision réfléchie de la société, et les quelques mesures qui permettent de la concrétiser. Il faut faire ce travail de va-et-vient pour pouvoir expliquer les choix que l’on défend, pour leur donner un sens. Le débat sur l’immigration est à cet égard assez symptomatique. On ne sait plus exactement pourquoi certains exigent de mieux maîtriser les flux migratoires. Eux-mêmes ne le conscientisent d’ailleurs pas forcément. Le débat est soit idéologique (les xénophobes contre les généreux, les réalistes contre les utopistes d’une nation-monde), soit technocratique (multiplier par dix le budget de Frontex, voter des quotas au Parlement, relocaliser les migrants, etc). La césure entre ces deux approches est délétère. Il faut pouvoir rappeler que ce n’est pas par égoïsme radin ou par esprit de compromis politique avec une frange, hélas irréductible, de xénophobes que la maîtrise des frontières se justifie. C’est en raison d’une vision anthropologique de la société : un pays n’est pas un espace neutre dans lequel les individus s’insèrent au gré des soubresauts de leurs vies personnelles. C’est une communauté de destin fragile, à laquelle il convient, pour en cultiver et en transmettre le génie singulier, d’intégrer concrètement ceux qui souhaitent y déposer leurs bagages.   

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«Bellamy n’est pas responsable du désastre: la droite paye 35 ans de renoncements et de trahisons!»

Publié dans le Figaro Vox le 03 juin 2019

En l’espace d’une semaine, la droite de gouvernement a connu la pire défaite électorale de son histoire, et Laurent Wauquiez, en qui les militants avaient placé leurs espoirs de refondation et de reconquête après la déroute de 2017, a dû jeter l’éponge.

Mais au-delà de son sort personnel, c’est toute l’entreprise de refondation idéologique de la droite qui, en l’espace de quelques jours, se retrouve hypothéquée.

Pourtant, depuis des années, nous assistons comme à une forme de «tournant théologique de la philosophie française» (pour paraphraser le philosophe Dominique Janicaud), à savoir le réveil d’un conservatisme qui s’assume, qui bénéficie d’une forte émulation intellectuelle et qui, surtout, correspond aux aspirations profondes du peuple français qui ne veut pas voir sa communauté politique disparaître. Un réveil qui s’est notamment produit à partir des discussions autour de la loi Taubira en 2013, mais nourri ensuite par des événements très variés.

Ce tournant a pris le visage d’une nouvelle génération acceptant de relever le gant du combat idéologique dans la lignée des Alain Finkielkraut, Chantal Delsol, Rémi Brague, Pierre Manent… Des médias se sont lancés, des mouvements se sont assumés comme résolument conservateurs ou antimodernes, des fondations et des think tanks ambitionnant d’orienter le débat public ont vu le jour.

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Comment le décolonialisme réhabilite la race

Publié dans L’Incorrect le 29 mars 2019

Depuis quelques années ce n’est plus l’intellectuel qui dicte le bien et le mal mais c’est le groupuscule. Le même sectarisme, mais la contrainte physique et la violence de la meute en plus.

 En décembre 2011, durant les présidentielles, Marine le Pen avait été empêchée de se rendre à Dauphine, où elle avait été conviée à venir débattre avec les étudiants, par une centaine de militants « antiracistes ».

En novembre 2015, c’est Manuel Valls qui avait été chahuté à son arrivée à Sciences-Po par plusieurs dizaines d’étudiants d’extrême-gauche. A peine un an plus tard, toujours à Sciences-Po, une rencontre opposant Matthias Fekl à Florian Philippot avait été prématurément avortée au nom du barrage fait à la haine. Drôles d’antifascistes tout de même, qui ne supportent pas plus le pluralisme politique que la contradiction intellectuelle.

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La droite est-elle toujours en panne d’idées ?

Publié dans L’Incorrect le 07 mars 2019

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le discrédit touchant les milieux nationaux et conservateurs est total, tout comme l’est le prestige moral et intellectuel de la gauche internationaliste, qui revendique pour elle la victoire contre l’Allemagne nazie et ses inféodés français.

Dès lors la production intellectuelle fut entièrement prisonnière du prisme marxiste et de sa critique, qu’elle soit situationniste ou déconstructiviste pour peu qu’elle soit une tentative de laver le communisme des crimes du régime soviétique et de l’adapter à la société des années 1960.

Puis, lorsque l’interdiction d’interdire fut rendue impossible par ces Français qui redirent leur confiance au vieux Général, les révolutionnaires de Mai 68 se réfugièrent dans les métiers de la transmission, universités et médias en tête, d’où ils opérèrent une offensive idéologique qui aboutit, quelques années plus tard, à une conquête du pouvoir politique.

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Interview avec Olivier Babeau – Président de l’Institut Sapiens, essayiste et chroniqueur

C’est dans les locaux de l’Institut Sapiens que nous rencontrons Olivier Babeau, son fondateur et son Président. Après de nombreux entretiens avec des penseurs conservateurs, la discussion avec ce libéral assumé revêt un intérêt tout particulier. Olivier Babeau échappe aux écueils que certains devinent, voire que certains guettent chez les libéraux pour les conspuer, à savoir une conception anthropologique désincarnée et une vision de la Cité déracinée.

La Nouvelle Garde : Si vous le permettez la première question portera sur le concept de Progrès.

La manière classique d’appréhender le progrès repose sur la distinction entre le progrès phénomène, ou le progrès technique pour le dire autrement, et le Progrès idée, qui est en réalité une philosophie de l’histoire dans laquelle l’homme devient peu à peu son propre et unique objet de maitrise et d’amélioration.

Dans cette vision classique, le progrès phénomène n’est que l’instrument de la maitrise totale de l’homme par lui-même, donc du Progrès idée.

Vous retrouvez vous dans cette définition du Progrès ?

Olivier Babeau : Il faut être conscient du caractère original de la notion de progrès dans l’histoire humaine. Le mot innovation lui-même n’est d’ailleurs apparu qu’au XIXe siècle. Avant cela, tout terme faisant référence à une quelconque modernité était péjoratif. Ce qui était bien, ce qui était moralement souhaitable, ne pouvait s’appréhender que dans le cadre de la tradition et de la continuation de cette tradition. Tout ce qui s’en écartait un tant soit peu devait être rejeté et combattu.

Ce n’est qu’avec les Lumières que la distinction entre opinion et connaissance est apparue et avec elle la croyance dans le progrès. Un progrès politique tout d’abord, qui était la traduction des réflexions des humanistes sur la capacité des sociétés à s’améliorer, à devenir des sociétés idéales. Un progrès matériel ensuite, qui a donné naissance au XIXe siècle au positivisme, selon lequel il n’est point de salut en dehors des sciences pour le dire rapidement. Et force est de constater que les sciences et leur développement ont effectivement grandement amélioré les conditions d’existence de milliards d’êtres humains, si l’on met bien entendu entre parenthèses les épisodes des guerres mondiales.

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Interview avec Bruno Retailleau – Homme politique

C’est au Sénat, dans son bureau de Président du groupe Les Républicains, que Bruno Retailleau nous reçoit. Disons le clairement, ce sera le seul politique que nous solliciterons pour un entretien. Non pas que les autres ténors de la droite soient inintéressants, au contraire. Mais Bruno Retailleau a déjà prouvé, et continue de le faire, qu’il comprenait que les idées guidaient le monde et qu’elles devaient guider l’action politique. Et autant le dire tout de suite, son entretien nous a confortés dans l’opinion que nous nous faisions de lui !

La Nouvelle Garde : Il y a tout juste un an, invité sur le plateau de C Politique, Mathieu Bock-Coté disait de vous que vous étiez dans la classe politique française, parmi toutes les figures existantes, l’un des seuls politiques à vocation d’intellectuel. Il faisait allusion aux références historiques qui sont les vôtres, à la profondeur intellectuelle de vos discours et au travail de fond engagé par Force Républicaine.

La question est très simple : alors que le moment que nous vivons doit être à droite celui de la refondation et de la clarification idéologiques, lorsque vous écoutez vos amis politiques, que ce soit leur analyse de la situation de la France ou leurs propositions, comment faites-vous pour ne pas tomber en dépression ?

Bruno Retailleau : La raison pour laquelle j’ai souhaité relancer Force Républicaine, en faire un lieu de réflexion pour la droite, c’est justement pour peser sur le renouvellement des idées au sein de notre famille politique. Disons les choses franchement : dans ce domaine, la droite est un peu gauche. D’abord parce qu’elle a toujours eu une identité en miroir : elle s’est toujours définie par rapport à la gauche, au point parfois de se laisser dominer par elle. Cette domination a conduit la droite à se réfugier dans un économisme asséchant. Ce faisant elle a trop souvent réduit la politique à une simple technique, s’interdisant de dessiner une véritable vision. Par ailleurs, désertant le combat des idées, elle s’est épuisée dans des querelles de personnalités. C’est ce que j’appelle la droite féodale, celle qui de la culture du chef est passée au culte du fief, aux batailles entre chapeaux à plumes. Il est temps de sortir la droite de cette hibernation intellectuelle : nombre de clivages anciens ont disparu et le monde a totalement basculé ! Si nous ne nous refondons pas, nous serons voués à être inaudibles, condamnés à faire la politique de la petite phrase, de la mesurette de circonstance. C’est ce que j’explique dans Refondation. Se refonder ou s’effacer, telle est l’alternative qui s’offre à nous en réalité. La droite est au carrefour de son histoire. Car l’alternance systématique, c’est fini : lorsqu’Emmanuel Macron baisse dans les sondages, la droite n’en bénéficie pas. Cependant dans notre malheur nous avons une chance, celle d’avoir toute une production intellectuelle en notre faveur. Il y a quelques décennies, le vent était de face ; aujourd’hui il nous porte en avant à travers des intellectuels comme Pierre Manent, François Xavier Bellamy, Rémi Brague, Matthieu Bock Côté et bien d’autres ; certains venant d’ailleurs de l’autre rive comme Jean Claude Michéa ou Christophe Guilluy. Il faut traduire cette vision du monde en politique, puis en propositions. Reprenons à notre compte cette phrase de Bergson : « Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action ».

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