Le 03 mai, Eric Zemmour a été condamné en appel pour les propos qu’il avait tenus en 2016, alors qu’il décrivait l’état de certaines banlieues françaises et l’influence grandissante des islamistes et autres propagateurs de haine de la France. Le 03 mai, Eric Zemmour a été condamné pour avoir dit sur un plateau de télévision ce que de nombreux rapports commandés par nos gouvernements successifs décrivent, du rapport Obin en 2004 jusqu’au rapport Clavreul en 2018, et dont témoignent de plus en plus de journalistes, essayistes, sociologues et intellectuels, de Gilles Kepel à Christophe Guilluy, en passant par Olivier Galland et Anne Muxel.

Le même jour, Facebook, entreprise privée s’il en est, décidait de fermer la page du mouvement politique Génération Identitaire, sous la pression d’associations et de représentants de l’Etat.

A chaque fois, la même référence à la loi du 01 juillet 1972, dite loi Pleven, et à ses nombreuses métastases. La loi présentée par René Pleven, Garde des Sceaux du Président Pompidou, qualifie de délit toute provocation à la haine, à la discrimination ou à la violence visant certaines personnes ou groupes de personnes « à raison de leur origine ou leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » et offre la possibilité aux associations antiracistes de se constituer partie civile. Elle n’occasionna à l’époque que très peu de débats et fut votée à l’unanimité. Comment d’ailleurs n’aurait elle pas pu l’être ? Qui, de bonne foi, pourrait refuser de lutter contre les discriminations et les injustices dans notre pays ? Qui ne saurait être parcouru d’effroi au souvenir des terribles conséquences de la véritable haine raciale ou sociale ?

Ce sont toutes ces raisons qui ont motivé le vote d une telle loi qui aujourd’hui commandent de revenir sur la loi Pleven et de l’abroger, d’affranchir enfin les libertés publiques de l’idéologie des droits de l’homme, qui refuse de considérer la différence au motif de l’existence d’une communauté humaine à laquelle appartiennent tous les individus et qui transcende leurs appartenances à des communautés naturelles secondaires. Les droits de l’homme, dans sa version moderne et travestie de l’universalisme des Lumières, refusent et combattent toute discrimination, juste comme injuste, et toute énonciation de la différence, au motif qu’ils récusent l’idée même d’altérité entre ces êtres.

Il est devenu impératif d’abroger la loi Pleven et ses métastases pour réhabiliter les libertés publiques et aérer le débat démocratique, qui meurent de cette idéologie et de la société proto-totalitaire qui advient et qui célèbre le culte du Bien et de l’Universel quitte à prendre quelques libertés avec les libertés publiques qui sont au cœur de notre régime politique et quitte à faire du juge le nouvel inquisiteur.

Une loi qui prétend combattre les discriminations réelles et injustes en ne faisant que définir le champ du dicible et exclure les opinions contraires porte en réalité un coup fatal, tant à ceux qu’elle pense protéger qu’à la République qu’elle imagine incarner.

Car une telle loi ne délégitime pas l’idéologie ni ne déconstruit la conception du monde qui motivent ces injustices, elle ne fait que les réduire au silence. Interdire d’exprimer une pensée pour ne pas avoir à s’y confronter et démontrer en quoi elle est fausse, biaisée ou inexacte.

Car elle ne diminue pas la radicalité de ses membres, elle la renforce, elle durcit leur certitude de détenir la vérité face un Etat et un personnel politique vendus depuis longtemps au cosmopolitisme et à l’immigrationnisme.

Car, enfin, elle est aujourd’hui détournée de son ambition initiale par des associations qui font profession d’antiracisme et par des entrepreneurs identitaires au profit de leurs communautés. L’ambition de ces militants politiques, à l’image du CCIF, du CRAN, de la LDH, du MRAP, etc. n’a jamais été de dénoncer le racisme pour promouvoir l’intégration des minorités dans la République, et leur invisibilisation au sein de la nation. Elle est au contraire de construire un droit à la différence, basée sur la couleur de peau ou sur la confession religieuse, de construire une espace pour leurs communautés qui soit en marge de la vie en société, en marge du fonctionnement normal de tout groupe humain, dans lequel les derniers arrivés doivent s’adapter aux mœurs du groupe et dans lequel chacun a le devoir de ne pas revendiquer pour lui des traitements qui fragilisent le contrat social. Elle est en fin de compte de réhabiliter un délit de blasphème dont Georges Bensoussan ou Nicolas Dupont-Aignan ont été victimes. Tout cela subventionné par l’Etat.

Et pendant qu’Eric Zemmour s’affaire à rassembler les 5000€ que sa condamnation l’oblige à payer, les tenants de la mouvance décoloniale et indigéniste débattent tranquillement à Saint Denis, déversant contre la France et contre les « non-racisés » des flots de haine, bien réelle elle.